S.2 – Itw.4

Bonjour tout le monde,

Après une rentrée sur les chapeaux de roues, avec une nouvelle moto, une nouvelle équipe, après avoir dominé la TRANSANATOLIA (Rally de Turquie), je suis ravi de pouvoir vous partager l’échange que j’ai eu avec Xavier de Soultrait.

Bien hâte de le suivre pour le Dakar 2021.

Petite vidéo détente pendant laquelle, malgré quelques soucis techniques… on s’est bien marré.

█ Salut Xavier, pourrais-tu te présenter rapidement pour ceux qui te découvriraient?

Bonjour à tous, je m’appelle Xavier de Soultrait, je suis né en 1988 dans l’Allié en Auvergne. J’ai commencé par faire pas mal d’Enduro puis du Rallye. Donc je participe au Dakar maintenant depuis 2014 et j’espère bien y performer encore plus.

█ En 2020, t’as eu un petit accident et ton poignet a été touché, comment s’est remise cette blessure?

Oui, ça c’est bien remis. Je m’étais coupé le nerf médian, sur une pierre plate plutôt bêtement… J’ai perdu l’avant, un peu déconcentré en fin d’étape. C’était une super bonne étape pour moi, je voulais finir tranquillement et j’ai perdu l’avant… J’ai posé la moto par terre et en me rattrapant je me suis coupé la main, malheureusement ça a entaillé le nerf médiant. Et ce nerf contrôle le pouce, l’index et une partie du majeur.
J’ai essayé de me faire opérer sur-place pour repartir au plus vite. J’aurai pensé que c’était un peu comme pelote de fils électriques et qu’en rebranchant ça remarchait… Alors, oui, faut rebrancher, mais une fois les fils rebranchés, il faut attendre 0,1mm par jour. C’est très très long. Mais là, ça y est, j’ai bien récupéré, tout fonctionne bien. C’est super.

Pilote Officiel pendant 6 ans (si je me trompe pas) chez Yamaha, qu’est-ce que ça t’a appris? Qu’est-ce qu’il en ressort?

Chez Yamaha ou chez un autre, ce qui a été intéressant, ça a été de travailler avec une équipe, des mécaniciens, faire du développement avec des ingénieurs, avec des gens qui sont calés au niveau des moteurs et des suspensions. Il y a aussi le fait d’avoir pu faire toutes ses courses, une partie du championnat.
C’était des supers années, on a passé des supers bons moments. J’ai des supers souvenirs et j’ai appris beaucoup de choses, maintenant, j’ai pas mal de choses avec moi dans les poches pour continuer ma route.

Donc, c’est officiel depuis peu, Husqvarna comme nouvelle couleur. J’imagine que t’es heureux?

C’est vraiment une super opportunité, alors, je suis pilote Support pour Husqvarna dans le Team HT RALLY qui est un Team Hollandais. J’ai été les voir, ils sont vraiment à fond, super motivés de m’avoir avec eux. Et j’ai le support et le soutien de l’usine, donc ça, ça me permet de bénéficier aussi du bon matériel même si je me rend compte que le matériel standard est vraiment très très proche de la moto Factory. Mais ils ont véritablement une force à ce niveau, sur 180 motos au départ, il va y avoir 150 moto identiques.

█ Niveau compétition, tu fais combien de courses par an en général?

La différence cette année c’est qu’il y a le virus, donc c’est pas facile. Là je pars mercredi faire une course en Turquie (TRANSANATOLIA), après, je devais faire en septembre le Morocco Desert Challenge qui a malheureusement été reporté. Puis le Rallye du Maroc, ça on croise les doigts pour que ça tienne… Ensuite, il y a le Abu Daby Desert Challenge, l’entraînement à Dubaï et après, pas mal de petites sessions en Espagne pour aller faire des Road Book.

Et la cadence va changer avec Husqvarna?

Non, pas du tout, la cadence, c’est moi qui la fixe. Même quand j’étais pilote Yamaha, l’an dernier, ils nous avaient proposés de faire 2 courses plus le Dakar. Donc, au final, tout ce qui est en plus, ce sont les pilotes qui ont la volonté de le faire ou non. Mais je pense qu’en Rallye, pour percer, en tout cas, si c’est pas avec une moto officielle, il faut se donner pour y aller parce que les autres sont forts et pour les battre faut envoyer.

Si le Dakar commence demain, j’ai une moto qui est quasi ajustée.

Est-ce que t’as déjà essayer ta nouvelle monture? Quelles ont été tes premières sensations?

Oui, oui, alors j’ai rencontré un mec super sympa qui est devenu un copain, c’est Lionel Costes qui a fait son premier Dakar cette année et qui m’a prêté en début d’année sa moto qui avait déjà fait pas mal de Dakar pour essayer. J’ai toujours été curieux d’utiliser cette moto. Donc il m’a prêté sa KT’ pour voir, pour comparer, pour faire des kilomètres avec, avant le confinement. C’était vraiment super sympa, ça m’a permis de m’orienter. Cette moto, elle est saine, elle est sûre. Tu peux aller vite, j’étais sur une piste de Rallye, je me suis fait quelques chaleurs, quelques situations pas cool et la moto le vit bien. Quand t’as peur, t’as moins peur, tu te sens plus en sécurité. J’ai pu rouler beaucoup avec cette moto et maintenant j’en ai une autre, que j’ai depuis 1 mois et qui est partie il y a 3 jours pour la Turquie. Si le Dakar commence demain, j’ai une moto qui est quasi ajustée. La moto est performante, elle a fait ses preuves. Faut pas non-plus inventer la lune, maintenant, c’est entre la main et le cerveau que ça se passe, puis roule.

Et j’imagine que cette transition ne s’est pas faite en 1 semaine, ton entraînement a-t-il été affecté ou au contraire?

Le virus m’a permis de reprendre mon programme d’entraînement des 2 mois pré-Dakar, ce que j’ai fait ça pendant le confinement. J’étais tous les jours à la salle de sport. J’ai mon kiné, qui est aussi mon beau-père et qui habite à 200m, donc ça, c’était vraiment le quotidien. Je me disais que je ne savais pas encore ce que j’allais faire, j’ai une Husqvarna de Cross, une KT de Rallye, la salle de sport donc en attendant, je pouvais ajuster sur la moto, la démonter, la remonter, la découvrir, la connaître, faire mon sport comme ça je perds pas mon temps. Et dès le confinement terminé, j’ai pu rouler sur les pistes ici, faire des Road Book en France, en Lozère, en Aveyron, dans le Sud de la France. Puis dès la réouverture des frontières, j’ai pu aller en Espagne.

Parce que finalement, c’est une petite blessure qui j’ai eu, mais sur le papier, c’est un truc qui peut être long et irréversible… C’est le genre de blessure avec laquelle tu peux perdre des fonctions de ta main et ne plus pouvoir rouler. Au fur et à mesure que j’ai repris l’entraînement, je sentais que ça allait de mieux en mieux, que ça évoluait et c’était vraiment bon pour le moral. Même s’il y a eu une période où je prenais la moto et qu’au bout de dix minutes j’avais la main engourdie et que j’arrivais pas à rouler… y’a eu un petit moment de stress, bien-sûr, je l’ai dit à personne… [rire] ça c’est bien terminé et c’est cool.

Plus les choses sont simples, moins t’as de choses dans la tête, plus tu peux être focus sur ton objectif.

█ Ça va être ton 7e Dakar, tu appréhendes comment l’édition 2021?

Pour moi, tout est OK, je vais toujours au même endroit, je me prépare toujours de la même manière. J’essaie de saisir les opportunités et Inch’Allah. Il se passera quelque chose! Il y se passe toujours des choses incroyablement biens, incroyablement moins biens, mais c’est ça qui fait la beauté de cette course et de ce sport. C’est pour ça qu’on aime autant ça. Il faut être serein, prêt.
Mais par dessus ça, faut attaquer comme un ours. Plus tu es prêt, plus t’es serein.
Plus les choses sont simples, moins t’as de choses dans la tête, plus tu peux être focus sur ton objectif. ça te permet d’avoir plus de place disponible dans ta tête pour être bon et c’est un peu ce vers quoi je tends. J’essaie de m’enlever un maximum de choses de la tête. Là j’ai travaillé dur depuis deux mois pour me caler, trouver des partenaires, tout ça. Globalement, le gros du boulot est fait, maintenant, je me concentre sur l’entraînement et la préparation Dakar.

Y’a plus qu’à accélérer !?

Voilà, exactement [rire]. Non, mais si t’as 1000 choses à gérer, ça devient trop compliqué. J’ai pensé à un moment à, pourquoi pas, monter ma structure avec d’autres personnes, mais beaucoup de choses à gérer, la logistique… Là, j’ai une équipe Hollandaise. Les Hollandais sont carrés, ils gèrent, les vols, les hôtels… Chacun son boulot quoi.
Et puis c’est toujours sympa d’être dans une plus petite équipe et de créer la surprise. Ça reste une Team rigoureuse et carrée, perso, ça me va comme ça. C’est extrêmement motivant. Je peux maîtriser mon entraînement et plein d’autres choses. Et finalement manager mon projet, c’est très important pour moi et c’est très bien comme ça. Je me suis mis dans une situation dans laquelle je suis beaucoup mieux. Et pour un pilote qui veut aller vite, il faut être bien dans sa tête et ses pompes. Alors si j’arrive à être sur le podium de cette façon, ce serait encore plus gratifiant pour moi.

█ L’Africa Eco Race, ça te tente?

C’est une course que j’aimerai vraiment bien faire, mais pas pour le moment. Ce qu’il serait sympa, c’est de faire cette course, plus tard, je sais pas, dans 5 ou 10 ans avec les personnes avec lesquelles j’ai le plus accroché pendant mes années Dakar. De faire une équipe avec ces personnes là, ça serait sympa. Mais pour le moment, l’objectif, c’est le Dakar et les courses des Championnats du Monde de Rallye, actuellement, y-a que ça qui compte pour moi.

Tu te verrais faire le Dakar en catégorie Original by Motul?

Ça sera peut-être une crise de la quarantaine [rire] ou un délire plus tard. Je sais pas… Vraiment, j’ai toujours admiré énormément ceux qui faisaient ça, tellement c’est difficile.
Après j’ai compris quelque chose aussi, depuis que je roule avec la Husqvarna. C’est une moto qui ne nécessite pas beaucoup de maintenance et d’entretien. Si tout va bien avec cette moto, tu vas changer, les plaquettes, le kit chaîne, les patins de bras oscillant et c’est fini… Tous les jours tu fais la vidange, le filtre et s’il n’y a pas de problème t’arrives à finir. Je comprends maintenant comment ils y arrivent. Ils sont même plutôt bien classés, puisque t’en as qui arrivent dans les 30 premiers. Comme Benjamin Melot, Florent Vayssade, Gyenes…il y a quand même des pilotes qui sont assez forts.
En tout cas, aujourd’hui, c’est pas du tout dans mes plans, mais peut-être plus tard. Même si au départ je voulais vivre une aventure, maintenant, avec Dafy et Husqvarna, ce que je veux c’est performer au Dakar.

█ Tu es assez discret sur les réseaux, en tout cas, plus que certains, c’est par timidité, c’est parce que t’aimes pas ça ou c’est parce que tu préfères être sur ta moto? ou un peu des 3 d’ailleurs…

Oui, alors les journées ont été bien remplies ces derniers temps… Je ne suis pas collé à mon téléphone tout le temps, ça c’est vrai. Je travaille, ça c’est clair, je ressens pas non-plus le besoin de le montrer. La difficulté que j’avais ces derniers temps, c’est que c’était pas encore calé. Je m’entraîne depuis février avec une Husqvarna, mais je savais encore trop où j’allais pour le montrer. En plus là, tout le monde est en vacances, j’ai pas envie de saouler tout le monde… Je fais ma vie, je fais mon travail, je m’entraîne. Tout est en train de se mettre en place, j’aurai plus de contenu au fur et à mesure, avec des photos en action avec la Husqvarna.

█ As-tu un staff qui travaille avec toi pour tout ce qui est prépa physique, mental et pilotage?

Oui, alors je me suis entouré de gens calés. Mon entraîneur c’est Frédéric Sandouly qui travaille pour Michelin, qui est aussi très proche de l’ASM (équipe de Rugby de Clermont Ferrand), donc je suis très souvent avec lui, il m’entraîne en Motocross. Le fait d’être avec lui me permet de bénéficier du staff de l’ASM, du diet’ ou du médecin de l’ASM.
En plus, j’ai un préparateur mental, Alexis Landais (ancien Judoka pro), on a tout réorganisé, on a commencé un travail qui est vraiment différent en début d’année dernière, suite à mon résultat au Dakar. J’étais vraiment frustré. Donc j’ai tout changé, j’ai mis des choses en place pour performer et pour augmenter mon niveau pour pas m’endormir là-dessus. C’est pas facile de bien s’entourer, avec les bonnes personnes.

Tu penses quoi du bridage des motos?

Avoir une vitesse limitée, je pense que c’est pas une bonne chose, c’est sûrement plus dangeureux qu’autre chose même. Parce qu’au final, qu’on tombe à 160 ou à 180, ça change pas grand chose je suppose. Personnellement, je suis déjà tombé à 140, alors oui, ça fait mal, mais 20km/h, ne changera rien. C’est pas comme si les motos allaient gagner 10km/h tous les ans. Là, on va à 180 depuis 3 ou 4 ans et dans 3-4 ans, on n’ira pas à 200 non-plus. C’est pas facile de tirer plus du 450. Après, je sais pas, les manières de brider la vitesse, ils sont en train de les mettre en place avec des slow-zones dans les endroits dangereux, avec la limite de pneus; on a le droit à 6 pneus pour 12 jours. Ils mettent en place des nouvelles normes comme ça, qui sont très biens. Brider la vitesse, ce n’est pas une bonne idée. Imagine, par exemple à 150, t’arrives devant un radier ou une grosse crevasse qui fait 5m de large… La solution, c’est peut-être d’accélérer… et d’essayer de sauter par dessus. Et si t’as pas cette capacité, tu peux te tuer. Y-a des moyens de limiter, comme limiter les changements de piston. Cette année, ce sera un changement piston. L’année prochaine, je suppose que ce sera interdit. Ils ont des pistes de réflexion.
David Castera qui est aux commandes de ça a beaucoup d’expérience, il connaît beaucoup de monde, il s’est adressé aux bonnes personnes. On peut leurs faire confiance.

Quand tu prends le départ d’une étape, qu’est-ce que tu prends toujours avec toi?

De l’eau, de l’eau et à manger. Mais nan, nan, j’ai rien de particulier. De l’eau, à manger, des outils, un téléphone et roule.

Ça t’est déjà arrivé de mécaniquer en pleine course?

Oui, oui, ça m’est arrivé très souvent de devoir réparer, bricoler, sortir la sangle. Quelques fois c’est des petites choses, d’autres fois c’est des plus grosses choses… ça peut être dû à une chute, ou pas… Il se passe toujours beaucoup de choses, on fait quand même presque 1000km par jour, on prend des cailloux, il fait parfois des chaleurs extrêmes.

A quoi penses-tu quand tu roules?

Eh bien, je pense à ce que je fais, à rouler. La difficulté c’est que c’est long et que tu as le temps de penser parfois. Alors justement, je pense à ne pas penser. C’est à dire que quand je commence à penser à autre chose, je ralentis et j’essaie de penser à ce que je fais et pas l’idée qui me traverse l’esprit.

Retrouvez le Fast & Focus de Xavier :
https://www.youtube.com/watch?v=IHICRL7WEb0&t=1s

Comme d’hab, je vous partage cette rencontre. Très bonne vidéo.

Et on n’oublie pas : https://roadtodesert.com/
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Merci à MAGAMOTO ( https://cutt.ly/pdNf6uD ),
L’Auto-Ecole C.permis (https://www.autoecole-cpermis.com/),
Ultima Displays (https://www.ultimadisplays.fr/)
et Reims Pub (https://www.reims-publicite.com/)

https://www.ht-rally-raid.com/
https://www.dafy-moto.com/
https://www.husqvarna-motorcycles.com/fr-fr.html

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